
Brian Wilson, né en 1942, a commencé à entendre des voix vers 1965, période où il travaillait sur l’album Pet Sounds et surtout sur Smile, son projet inachevé. Selon lui, les voix sont apparues environ une semaine après la prise de substances psychotropes (LSD). Il faut remarquer que dès 1964, après avoir souffert d’une crise de panique en avion, il avait décidé d’abandonner les tournées avec les Beach Boys. Ainsi, volontairement isolé, il s’était replié en studio et son état mental s’était détérioré, terrain propice au Bad-trips de 65.
Wilson décrivait ces voix comme négatives, critiques et menaçantes, lui disant qu’il était “faible”, “sans valeur”, et“qu’on allait le tuer”. Ces voix étaient parfois si parasitaires qu’elles perturbaient grandement son comportement. Elles l’ont en tout cas accompagné sa vie entière et tout ce qu’il a pu faire fut de les gérer, parfois en vain, parfois avec plus de succès pour atteindre des phases de calme. Il a traversé des périodes de dépression sévère, marquées de toutes sortes d’excès (drogues, alcool, boulimie) et d’autres périodes de créativité pour les Beach Boys ou ses projets solo.
Il a toujours affirmé que les voix le laissaient tranquille quand il composait ou travaillait en studio. On comprend mieux le peaufinage extrême et la complexité des structures de certains de ses morceaux, comme un travail acharné pour refouler les vociférations intrusives et il est émouvant de penser que le côté extatique de beaucoup de ses harmonies reflétait l’état sincère de soulagement et de bonheur qu’il devait éprouver dans la brève rémission des voix dans sa tête.
Il a enfin repris en 2004 la production de Smile, pièce trop ambitieuse qui l’avait fait trébucher, une quarantaine d’années plus tôt et l’a présentée dans une tournée, bouclant sans doute la boucle. Certains concerts de cette tournée sont sur youtube. Et à lire, on recommande aussi son autobiographie “I Am Brian Wilson” par laquelle on découvre dans ce monstre sacré de la pop culture et malgré tous les orages de la vie qu’il a traversés, une simplicité, une modestie extrêmement touchante.
Il est mort en 2025, à 83 ans d’un destin qui lui a fait toucher, plus que tout autre, autant d’abîmes que d’étoiles.
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