QU’ENTEND-ON PAR ENTENDRE DES VOIX ?

Voici quelques fichiers audio qui circulent sur youtube. Les simulations concernent surtout les hallucinations chez les schizophrènes. Ces derniers représentent 1% de la population.
Ce premier extrait est une agression absolue. Espérons pour le sujet qu’une telle intensité de véhémence ne correspond qu’à un moment exceptionnel de crise aigüe. En tout état de cause ces injonctions tyranniques et ces dépréciations permanentes coupent totalement de la réalité. Et on comprend que leur pression est si forte qu’elle peut entraîner des passages à l’acte violents contre des tiers ou contre soi-même. Des faits divers, parfois, nous le rappellent. Sifflements, chuintements de gorgones, l’impression générale est que ce pourrait être la bande son d’un film d’épouvante, avec peut-être toute l’exagération d’un cas extrême.
Le second extrait montre quelqu’un encore en contact avec la réalité (il fait ses courses dans une supérette) mais les voix qu’il entend trahissent une confusion extrême, doutes, indécisions, dépréciations et paranoïa. Les acteurs qui jouent cette simulation, assez plats au début, finissent pas se prendre à leur jeu, mais en tout cas, leur ton posé peut laisser suggérer qu’il est possible que ces voix accompagnent en permanence le sujet. Ce parasitage est pesant mais viable, dans une routine qui, même si elle cahote parfois avec des actions qui divergent des intentions premières, permet au sujet une certaine autonomie (après tout, même si c’est avec du coca et une barre chocolatée, il se nourrit). lien youtube : https://www.youtube.com/watch?v=63lHuGMbscU&list=PLeHxNcYmpb82UtERTuMXP5ncuYGdBLJkB&index=2
On a là en fait deux exemples de voix directement injonctives.
La troisième simulation semble plus intéressante car elle pourrait être, pour une part, (les chuchotements presque incompréhensibles) des voix que certaines personnes entendent sans pour autant être schizophrènes. Dans le mixage de cette simulation, vient en premier plan le théâtre mental schizo mais le tapis de paroles susurrées en dessous établit un mystère que la conscience essaie de percer : je ne comprends pas, qu’ai je entendu précisément, qu’est ce que cela veut dire etc… De fait on s’approche de phénomènes plus courants. 6 à 10 % de la population est sujette, pendant certaines périodes et selon les circonstance, à connaître ce genre d’expérience. .Des voix nous habitent et leur peu de netteté permet un dialogue avec nous-mêmes pour en chercher le sens. Dans la solitude extrême d’une dépression, d’une déréliction produite par un deuil ou un malheur soudain dans sa vie, ce dialogue intérieur perpétue le travail d’une conscience certes submergée et affaiblie mais qui se bat pour rester en lien avec la réalité, une réalité divertie mais dont on n’oublie pas d’invoquer la maîtrise.
Il reste que toutes ces simulations aussi précises et sérieuses soient-elles sont un travail exécuté le plus souvent par des médecins selon les descriptions qu’en font les sujets en proie à ces phénomènes. En bref, il y a le risque que l’intermédiaire interprète et projette un peu de lui-même.
Il existe des outils faciles d’accès et gratuits (par exemple le magnéto de son téléphone qui produit un fichier Wav , fichier que l’on peut ensuite traiter avec audacity, puissant éditeur de son gratuit, muni d’un lot de modules permettant de rajouter des effets au son). Avec ces outils, on peut essayer de recréer ce que l’on entend ou du moins de s’en approcher et en tous cas, dans le travail effectué pour donner une réalité à ces hallucinations, à instaurer une distance, pour tenter d’être un peu moins prisonnier de ces parasites mentaux.
Acouphoneproductions serait ravi de recevoir vos travaux sonores (pour cela , aller à l’onglet contact) et, pourquoi pas, ouvrirait une page du blog qui s’intitulerait VOIX DE TÊTE (collection) pour les mettre en débats et en valeur.